Christopher Murray, les résonances d’une vie

Pour inaugurer ce calendrier de l’avent 2025, je vous propose de revenir sur un épisode du podcast T’as déjà écouté publié cet été et accessible depuis fin octobre 2025 uniquement en abonnement payant. Pour l’occasion, je vous y redonne accès jusqu’à la fin du mois de décembre 2025 si vous n’avez pas encore eu la joie de l’écouter. Il s’agit de ma chronique consacrée à Lune et Cris de Loup, le dernier album de Christopher Murray, album sorti pour sa part en juillet 2025 sur les plateformes.

Ce disque s’ouvre comme un cadeau, à la manière d’un album que l’on manipule encore « à l’ancienne » : la couverture, la pochette, le livret, l’objet dans les mains… Ici, les visuels évoquent l’Écosse, terre d’origine du stéphano-britannique dont la soixantaine est riche de trente ans de création.

Christopher Murray s’est formé auprès d’artistes majeurs comme Allain Leprest ou Anne Sylvestre, et a croisé sur sa route de nombreux noms de la chanson francophone : Michèle Bernard, Romain Didier, Sarclo, Gabriel Yacoub, Amélie-les-Crayons, Pierre Lapointe, Léopoldine HH, et bien d’autres. Cet album porte cette mémoire vivante, ce fil artistique tissé au fil des rencontres.

Lune et Cris de Loup frappe dès ses premières notes grâce à un texte exceptionnel d’Allain Leprest, « Le noir, un halo, le mystère », qui ouvre et clôt l’album comme un miroir poétique sur la vie, la naissance et la fin. Une profondeur qui traverse l’ensemble des titres.

On retrouve aussi dans ce disque le talent d’écriture propre à Christopher Murray, appuyé par une équipe de musiciens qui savent faire vibrer chaque nuance : Christophe Garaboux (basse), Christophe Durand (batterie et percussions), Emmanuelle Da Costa (électro-acoustique).

Les chansons explorent nos inquiétudes de parents, nos apprentissages, nos résiliences, nos souvenirs, nos quêtes intimes. Le hêtre au centre du visuel de la pochette comme l’évocation du chêne Angel Oak tissent un lien entre nature, mémoire et hommage — évoquant même « Strange Fruits ».

Cet album est une véritable généalogie musicale et humaine. On y croise des noms, des visages, des voix : celles qui ont marqué son parcours, celles qui résonnent encore. Une manière de rappeler que la nostalgie, la musique et les rencontres forment souvent les racines profondes de nos vies.

Un très bel album, un très beau voyage. Merci à Christopher Murray et à toute l’équipe qui l’entoure.

A découvrir sur 📖 Nos Enchanteurs et 🎧 en podcast

Christopher Murray, les résonnances d’une vie A l’occasion de la sortie du nouvel album lune et cris de loup de Christopher Murray en cette fin de juillet 2025 sur les plateformes de musique, je vous propose de découvrir en version podcast ma chronique que j’ai réalisé à la sortie physique de celui-ci pour le site Nos Enchanteurs, le quotidien de la chanson. (Extrait 1 : Lune et Cris de loup 0’15 à 0’35) Le premier contact avec un album c’est quand on l’on ouvre délicatement, comme un cadeau : sa couverture, sa pochette et son livret. Disque qu’on lance ensuite sur sa platine… Il y a dans cette manière de faire (à l’ancienne) loin d’une plateforme, la joie de tenir l’objet et d’aller de découverte en découverte. J’aime le côté vintage de cette belle couverture de Lune et cris de Loup. Cette photo rappelle l’Écosse de ce stéphano-britannique d’une soixantaine d’année qu’est le sympathique et talentueux Christopher Murray. 30 ans qu’il compose, lui qui s’est formé au côté d’Allain Leprest (Extrait 2 Donne-moi de mes nouvelles 1’53 à 2’13) ou encore Anne Sylvestre (Extrait 3 Dans la vie en vrai 1’30 à 1’50) et qui a croisé sur ses chemins du beau monde de la chanson francophone : Michèle Bernard (Extrait 4 Amish 1’53 à 2’13), Romain Didier (extrait 5 La nostalgie 0’56 à 1’16), Sarclo (extrait 6 Les dames de gauche 1’01 à 1’21), Gabriel Yacoub (extrait 7 Pour une joie au loin 1’03 à 1’23), Amélie-les-Crayons (extrait 8 Voyager léger 0’23 à 0’43), Pierre Lapointe (extrait 9 Toutes tes idoles 1’17 à 1’37), Léopoldine HH (Extrait 10 Le bonheur 2’06 à 2’26), et tant d’autres. Telle une grande famille où résonne toujours la vie. Le nouvel album de Christopher Murray, c’est un album qui saisit par « l’emballage » que sont ses premier et dernier titre : un extraordinaire texte d’Allain Leprest, Le noir, un halo, le mystère. « Pile au rendez-vous de la vie / on dit que c’est une naissance / Peut-être il pleure peut-être on rit / Il ne sait pas ce qui commence ». (extrait 11 le noir, un halo, le mystère 1’07 à 1’27) Texte qui revient en conclusion de l’album mais cette fois-ci en miroir et qui se termine par ces mots qui avaient commencé l’album. « Il va vers un autre rivage / Tout fripé ridé il attend / Des voix saluent son long voyage / Faiblement parviennent des bruits/ C’est le jour il quitte la mer / Il est au bout il pousse un cri / Le noir, un halo, le mystère. » (Extrait 12 Le noir, un halo, le mystère (2) Parlée 0’54 à 1’14) Voilà qui est loin de nous laisser indifférent sur ce mystère de la vie qui traverse cet album. Si, dans le livret, Christopher Murray remercie Leprest d’« avoir tant partagé de son talent et de ses œuvres », cela ne doit pas nous faire oublier son propre talent d’écriture et sa complicité avec ses musiciens : Christophe Garaboux à la basse, Christophe Durand à la batterie et aux percussions, et Emmanuelle Da Costa à qui on doit le caractère très organique qu’ont apporté ses discrètes mais très belles suggestions électro-acoustiques. Un album où on se délecte de chaque titre car on se reconnait dans les inquiétudes des sorties nocturnes comme parents Elle vit entre les mondes (Extrait 13 Elle vit entre les mondes 1’32 à 1’52) ; les leçons qu’on reçoit quand on visite à l’hôpital J’ai vu Luis (extrait 14 J’ai vu Luis 1’48 à 2’09) ; la résilience Dans la boue (extrait 15 Dans la boue 2’12 à 2’33); l’adolescence dans ce flashback de l’horreur de la guerre et de ces souvenirs qui aident à ne « pas devenir fou dans cet enfer » Les filles de Marlhes (extrait 16 3’57 à 4’17) ou encore nos quêtes du présent Lune et cris de loup (extrait 17 3’21 à 3’42). Si le cœur de la pochette de l’album, la sobriété du livret et le visuel du CD met en valeur en diverses saisons un hêtre, le chêne d’Angel Oak (extrait 18 2’02 à 2’22) nous touche également par ses références à Strange fruits de Lewis Allan et Abel Meeropol chanté par Billie Holiday. (extrait 19 1’07 à 27) Alors quand je vois tous les prénoms et noms de cette dernière page du livret, je me dis qu’il y a comme un lien généalogique dans cet album. Il pose à la fois tant les racines que les ramifications familiales et amicales. Dans les lecteurs de l’œuvre de Leprest je suis réjoui d’y lire ces « enfants devenus si grands » que sont Lucie, Tom et Léna mais aussi son extraordinaire paternel Pat et ses sœurs Linda et Wendy avec qui j’ai fait un petit bout de chemin dans le passé et qu’il m’amuse de reconnaitre en dernière piste. (extrait 20, 0’34 à 0’54) Comme quoi la nostalgie des photos, de la musique et des paroles ne sont jamais loin de nos vies réjouies par tous ceux qu’on a eu la chance de croiser plus ou moins longuement dans nos vies. Merci à Christopher et à tous les autres de l’album.

Christopher Murray, les résonances d’une vie