La culture n’est pas un luxe

En temps de guerre, la culture n’est pas un luxe. Elle a plus que jamais son importance. Elle est respiration, nécessité vitale.

 

Il y a des périodes, comme actuellement, où le monde semble se contracter. La violence occupe quasiment tout l’espace médiatique.

La polarisation envahit les conversations. L’urgence écrase la nuance.

 

Dans ce contexte, les mots de la chanteuse lyrique Vira Revenko partagés le 24 février dans le journal Libération résonnent avec une force particulière :

« La culture est vivante, c’est ce qui compte. Il faut nourrir son âme. On ne peut pas vivre uniquement de guerre. Cela détruit l’esprit. Et la musique comble ce vide. »

 

On pourrait croire que la culture est secondaire, pas essentielle comme le chantait après le confinement mais avec des restrictions de liberté encore importante en décembre 2020 de son côté Grand Corps Malade. La culture ne serait qu’un supplément d’âme ?

C’est évidemment l’inverse.

 

La culture est ce qui empêche l’âme de se dessécher. C’est d’ailleurs pour cela que ceux qui veulent abrutir un peuple la combatte frontalement.

 

La guerre n’est pas seulement géopolitique.

Elle est aussi intérieure.

Elle se manifeste quand :

– nous fonctionnons uniquement en réaction

– nous vivons sous tension permanente

– nous réduisons l’autre à une position

– nous perdons la capacité d’écoute

 

Dans mes accompagnements ces 25 dernières années, j’ai souvent constaté cela :

Des personnes performantes dans leur domaine mais intérieurement épuisés.

De même j’ai plusieurs fois rencontres des équipes très diverses et compétentes mais culturellement appauvries. Comme si la culture n’était que décorative. Une pratique de loisirs, si jamais « j’ai du temps ».

 

Je pense qu’il faut ouvrir dans nos vies pleinement les portes à la culture pour notre bien-être, notre équilibre. La culture structure notre capacité à rester humains. La musique, la littérature, la pensée, le dialogue — ce sont finalement des actes spirituels. Ils rouvrent l’espace intérieur.

 

Et un leader d’entreprise, un responsable institutionnel ou politique qui ne nourrit pas son intériorité finit par gouverner par la crispation. Il est à côté du monde, à côté de l’essentiel…

 

La vraie question dans tous les domaines et pour tout individu quel que soit ses responsabilités dans la société n’est pas ou ne devrait pas être :

« Comment gagner ma vie ? »

Mais :

« Comment rester vivants intérieurement ? »

 

La culture est une pratique de résistance douce. Une discipline de l’âme. Et peut-être, aujourd’hui, l’une des formes les plus nécessaires pour chacune et chacun.

 

La culture, sa diversité et ses nuances, permet bien des chemins et des sens.

 

Ainsi soit-il !

La culture n’est pas un luxe