La prière. Un mot simple, mais un univers entier derrière lui. Certains y entrent avec une familiarité déconcertante ; d’autres en restent très loin, par conviction, par pudeur, par douleur ou simplement par chemin de vie différent. Alors j’ai eu envie de remettre en lumière un épisode de Chemins des Sens : “Prier, est-ce bien raisonnable ?”
C’est un épisode qui a connu une belle écoute et de beaux retours en message privé que je rends à nouveau disponible au plus grand nombre jusqu’au 31 décembre 2025, après il ne sera accessible plus qu’uniquement par abonnement.
Le titre est une question volontairement un peu provocante, mais finalement essentielle : que signifie prier — et faut-il être croyant, religieux, spirituel, autre, ou rien de tout cela pour oser s’y risquer ?
Dans cet épisode, je traverse différentes formes de prière : chantée, murmurée, silencieuse, collective, intime. Je m’appuie sur les artistes qui en parlent avec leur conviction propre — de Melissmell à Barbara Pravi, de Céline Dion à Damien Robitaille — mais aussi sur mon expérience d’accompagnement, dans mon « ancienne » vie pastorale et mon expérience en milieu hospitalier. Je prends aussi pour exemple un film qui m’a beaucoup touché À Bicyclette, de Matthias Mlekuz.
Derrière la prière… il y a finalement la relation.
Avec les autres.
Avec soi-même.
Avec son Dieu… ou avec ce qui nous dépasse.
Je partage ainsi une conviction : la prière n’est pas d’abord un exercice religieux ; c’est une parole déposée — ou un silence donné — qui libère.
Il existe mille manières de prier, mais peut-être un seul mouvement intérieur commun :
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Merci. Reconnaître ce qui est là.
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Pardon. Laisser entrer la lumière sur nos actes, nos pensées.
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S’il te plaît. Non pas exiger, mais ouvrir un possible dont nous ne sommes finalement pas maitre.
Ce mouvement, je l’ai vécu avec des jeunes et des moins jeunes, des artistes, des anonymes, des patients en fin de vie et même dans des salles de concert et donc pas uniquement dans des lieux marqués religieusement… Je l’ai (évidemment) entendu dans les Psaumes, dans des paroles de films, dans des discussions ou encore dans des cris silencieux.
Je l’ai vu aussi dans les derniers souffles de certains qui, au seuil, n’avaient plus de mots… que ceux de leur prière ou souvenirs.
Alors, est-ce raisonnable de prier ?
Peut-être bien que oui, peut-être vien que non…
Peut-être que ce n’est même pas le sujet !
Mais c’est profondément humain avant d’être divin.
Parfois, cela sauve — ou au moins cela soutient.
Pour moi, la prière reste cette phrase simple léguée par un aumônier au début de mon ministère pastoral :
« Seigneur, passe devant. »